A 32 ans, Nicolas d’Estienne d’Orves, journaliste et écrivain, nous livre, avec ce thriller à la documentation exceptionnelle, une
enquête haletante et une extraordinaire exploration du Mal nazi.
Les lebensborn étaient des institutions, développées sous le Troisième Reich, où devaient procréer des sujets de pure
race aryenne (notamment des soldats SS) en vue de constituer l'élite du futur « Empire de 1 000 ans ». Les femmes accouchaient ensuite dans le plus grand secret, ce qui fait que, au XXIe siècle,
des descendants recherchent désespérément leurs géniteurs.
Le terme lebensborn est un néologisme formé à partir de leben = "vie" et born = "fontaine", en allemand ancien. Marc Hillel l'a traduit en français par « Fontaines de vie ».
Un peu d'Histoire
Dans l'esprit de purification raciale
chère aux Nazis, Heinrich Himmler ouvre, le 15 août 1936, le premier établissement à Steinhöring, près d'Ebersberg en Haute-Bavière comportant 30 lits pour les mamans et 55 pour les enfants à
naître. Ce nombre sera doublé en 1940.
Une dizaine d'établissements sont créés en Allemagne avant la guerre (8 000 enfants y naîtront), puis deux en Autriche, et un en Pologne après l'invasion en septembre 1939.
La fascination des Nazis pour la race aryenne nordique les conduira à en ouvrir une dizaine en Norvège (on estime le nombre d'enfants nés à 12 000 - 9 000 selon certaines sources - rien que dans
ce pays).
Un seul sera ouvert aux Pays-Bas.
Pour les pays francophones, on retiendra :
en France, l'institution de Lamorlaye près de Chantilly ;
au Grand-duché de Luxembourg, celle de Bofferding, près de Luxembourg ;
en Belgique, celle de Wégimont, aujourd'hui, domaine de loisirs provincial situé sur la commune de Soumagne (province de Liège).
Rôle
L'objectif était de permettre à des femmes (mariées ou célibataires)
de race pure de donner naissance à des enfants dont les pères appartenaient à l'élite raciale (notamment des membres de la SS).
Outre la reproduction de la race aryenne, le lebensborn se charge aussi de la germanisation des enfants arrachés à leurs parents en Norvège, en Pologne et en Tchécoslovaquie. Ainsi, plus de 200
000 enfants seront emmenés en Allemagne, ils sont confiés à des familles allemandes sélectionnées.
Un cinquième seulement de ces enfants seront retrouvés et rendus à leurs véritables parents.
Les orphelins du mal (résumé)
Que sont devenus les enfants nés dans les haras humains créés par les nazis ? Un thriller saisissant
1995, en Allemagne. Le même jour, quatre hommes sont découverts, une ampoule de cyanure brisée dans la bouche, nus, la main droite coupée. Une seule certitude : les quatre hommes sont tous nés
dans un Lebensborn, l’organisation la plus secrète des nazis, des haras humains où les SS faisaient naître de petits aryens pour réaliser leur rêve dément d’une race pure. Les autorités
allemandes étouffent l’affaire.
Paris, 2005. Anaïs, jeune journaliste, est contactée par un étrange personnage, Vidkun Venner, un riche collectionneur norvégien. Vidkun a reçu une mallette, anonyme, contenant quatre mains
momifiées. Quatre mains droites. Il veut qu’Anaïs l’aide à découvrir d’où elles viennent, et pourquoi on lui a envoyé ce macabre colis.
Très vite, la tension monte autour d’Anaïs. A mesure qu’elle avance dans son enquête, des signes inquiétants surgissent, des dossiers d’archives sont volés, des témoins refusent de parler,
d’autres… disparaissent. Anaïs en vient à douter : tout s’est-il vraiment arrêté à la fin de la guerre ?
Un terrifiant parcours initiatique dont ni Anaïs ni Vidkun ne sortiront indemnes.
Un Thriller vraiment bien écrit, Nicolas d’Estienne d’Orves plonge donc au cœur du mal sans complexe, fort d’un art de la composition et du suspense digne des auteurs de séries télé US. J'en sors
avec quelques questions...... bien que je pensais le sujet largement développé.
@ bientôt, bonne lecture,
Miss Clochette
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