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Vendredi 24 octobre 2008 5 24 /10 /2008 13:46
- Par Chez Clochette

 

Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

--Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?


Paul VERLAINE, Sagesse (1881)

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Paul Marie Verlaine, surnommé « le Prince des Poètes », est un poète français, né à Metz le 30 mars 1844 et mort à Paris le 8 janvier 1896.

Paul Verlaine est avant tout le poète des clairs-obscurs. L'emploi de rythmes impairs, d'assonances, de paysages en demi-teintes le confirment, rapprochant même, par exemple, l'univers des Romances sans paroles des plus belles réussites impressionnistes. C'est lui qui a lancé la notion de « poètes maudits ».

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L'écriture verlainienne

Sa poésie séduit par sa fluidité, sa subtilité et une certaine candeur ( "les fêtes galantes")
Il innove dans " l'Art poétique" surtout par la musique des vers qui crée la suggestion. Il se libère de la déclamation traditionnelle que l'on retrouve en poésie et dans la tragédie classique.

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L'impair : le vers impair est son instrument favoris à 3,5,7 syllabes et aussi 9,11,13 syllabes. C'est une rupture nette avec la prosodie classique et le règne de la déclamation en alexandrin qui donne à la phrase une structure bipartie.

L'impair casse la régularité, l'automatisme et s'ouvre à la cadence personnelle du lecteur. Exemple : "clair de lune", "mandoline"
Le rythme : les vers sont animés par une respiration, ils suivent un battement de mesure. Verlaine divise l'alexandrin en trimètre. Exemple: "mon dieu m'a dit…", "ariettes oubliées"


"Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,

Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même

Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend."


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Les sonorités : il pratique l'assonance comme musicalité discrète au contraire de la rime riche plus présente et imposante. Il se libère de la règle d'alternance des rimes masculines et féminines. Certes, il conserve la rime mais l'assouplit, la choisit minutieusement dans un contexte d'évocation et de suggestion. Il utilise également des rimes intérieures.

Exemple : "Ecoutez la chanson bien douce …"

La forme : Verlaine installe une forme poétique linéaire, synthétique, proche de la prose et dont la déclamation est libre avec des images esquissées.

Exemple : "Charleroi", "Soleils couchants"

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La syntaxe : le rythme de la phrase ne suit plus la rhétorique. Le vers absorbe des tournures du langage parlé. Il révèle un chant intérieur, un monologue intime.

Exemple :"Je ne sais pourquoi…"

La maîtrise de la forme : Verlaine a le sens de la perfection formelle. Il nous en donne un exemple dans son sonnet "Après trois ans" :


Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu'éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d'une humide étincelle.


Rien n'a changé. J'ai tout revu : l'humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d'eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.


Les roses comme avant palpitent, comme avant
Les grands lis orgueilleux se balancent au vent.
Chaque alouette qui va et vient m'est connue.


Même j'ai retrouvé debout la Velléda
Dont le plâtre s'écaille au bout de l'avenue,
Grêle, parmi l'odeur face du réséda.


Paul Verlaine - 1865


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@ bientôt
Miss Clochette

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